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Depuis le début de la crise sanitaire, de nombreux citadins envisagent de quitter la ville pour s’offrir un environnement plus vert. Cette tendance du marché immobilier, amorcée fin 2018, s’accentue avec le confinement et le développement du télétravail

Nathalie et Marc Dupont, artiste peintre et architecte, ne regrettent pas une seconde le choix qu’ils ont fait, en 2015, de quitter Paris pour s’installer dans la Sarthe. Un sentiment que le confinement ne fait que renforcer : « Nous avions un chouette appartement, avec un atelier, dans un coin très convivial et familial du 11arrondissement, mais les contraintes de la ville commençaient à me peser et notre fils se sentait mal dans son collège où la pression scolaire était forte, raconte Nathalie. En surfant ensemble sur Internet, un dimanche après-midi, nous sommes tombés sur l’annonce de vente d’une grande maison, le domaine de La Richardière, qui nous a séduits instantanément. Sans nous concerter, nous avons appelé chacun de notre côté l’agence immobilière et nous avons visité les lieux le week-end suivant : malgré la pluie et la grisaille, ce jour-là, le coup de foudre a opéré. »

Cinq ans plus tard, Nathalie et Marc Dupont ont, outre leur propre domicile, aménagé quatre gîtes avec chacun leur atelier d’artiste, un jardin potager, un verger. Ils ont trouvé leur place dans cette région dont ils ignoraient tout auparavant et qui les a accueillis à bras ouverts. « Nous avons désormais trois métiers, les nôtres et celui d’hôte, qui nous donne beaucoup de satisfactions. A la campagne, tout est plus facile, poursuit Nathalie. Les relations avec les artisans, avec qui nous travaillons beaucoup, comme avec la banque ou l’office local du tourisme, par exemple, sont simples, efficaces et fiables. On a oublié la tension qui rend difficile la vie dans la capitale. Un couple est ici, en ce moment, confiné depuis un mois et jusqu’au 11 mai, et il commence à remettre en question son projet d’achat d’un appartement à Paris… »

Nombre record de requêtes

A écouter les agents immobiliers depuis quelques semaines, le confinement semble, en effet, renforcer l’appel du vert aux citadins : « Je reçois 60 demandes par jour pour des maisons de campagne, soit le double d’avant le 17 mars. Ce sont des projets sérieux, réfléchis, avec le désir de s’installer sur place et d’y créer une activité, atteste Patrice Besse, fondateur de l’agence qui porte son nom, spécialisée dans les belles pierres, le patrimoine historique voire des châteaux, souvent très difficiles à vendre. Dans les mails que je reçois, le mot le plus employé est “environnement” : ce n’est pas une maison que cherchent ces clients, mais un lieu. »Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Confiné, le marché de l’immobilier fonctionne au ralenti

Guillaume Ull, architecte du patrimoine, et son compagnon Charles Du Jeu, à la tête, lui, d’une société de services informatiques, ont acquis en 2019 l’abbaye cistercienne de Châtel-Chéhéry, en forêt d’Argonne, dans les Ardennes, et ses 8 hectares de champs alentour : « Redonner vie à une ruine pluricentenaire, c’est un rêve d’enfant, confie Guillaume Ull. Et notre objectif est de retrouver la vocation de ce lieu, y produire des légumes, des fruits, de la vigne, du miel, comme au temps des moines, tout en l’ouvrant au public. Nous habitons encore à Paris, mais nous nous sommes confinés ici depuis un mois et cela légitime plus encore notre démarche : prise en compte du changement climatique, permaculture, circuits courts… ».

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